Les chiffres de l’économie du tourisme à vélo en France

Le cyclotourisme est une pratique qui continue de séduire de plus en plus de vacanciers, de France mais pas seulement puisque 20% des touristes à vélo viennent de l’étranger. Saviez-vous que la France est la deuxième destination du tourisme à vélo en Europe, derrière l’Allemagne ? Les retombées économiques du tourisme à vélo en France ont augmenté de 46% en 10 ans pour atteindre les 5,1 milliards d’euros par an (Source : Impact économique et potentiel de développement des usages du vélo en France, Inddigo – VetigoLab parue en avril 2020) Retour chiffré sur cette économie en forte croissance.

cyclotourisme connecté

Les chiffres clés de l’économie du cyclotourisme en France

Les touristes à vélo dépensent en moyenne 13€ de plus par jour (68€ en moyenne contre 55 pour les autres touristes). Il faut savoir qu’en France, 21 millions de personnes font du vélo pendant la période estivale. On recense 10 millions de séjours avec activité vélo par an, soit environ 90 millions de nuitées par an en France, concentrés majoritairement sur la période estivale (50% des séjours et 60% des nuitées en été). Ces chiffres sont impressionnants, ils garantissent l’attractivité de certains territoires, notamment dans des emplois stables, impossibles à délocaliser.

La durée moyenne d’un séjour est de 8,9 jours contre 5,3 en moyenne pour l’ensemble des séjours touristiques des Français. Sur le lieu de vacances, le motif principal de l’utilisation du vélo reste la balade et le loisir (74% des répondants), suivi du mode de déplacement (43%).

La part des séjours avec activité vélo atteint 7% des séjours touristiques en France, avec un pic en juillet/août grâce aux conditions climatiques et à la durée des séjours, plus longs à cette période, encourageant davantage les touristes à emporter leur vélos en voyage. La dynamique vélo se concentre davantage sur le littoral, on recense 8 séjours sur 10 sur le littoral atlantique.

Le succès des itinéraires vélos et véloroutes EuroVélo

extrait étude vélodyssée
Etude sur les retombées économiques de la Vélodyssée

L’offre touristique continue de se développer à l’image du parcours « Loire à Vélo » qui a doublé son impact économique en 5 ans. La Vélodyssée, le parcours à vélo de 1290 km de Roscoff à Hendaye ouvert en 2012, a fait l’objet d’une étude – EV1 – La Vélodyssée, Etude sur la fréquentation et les retombées économiques – en 2018, enregistrant 94 millions de kilomètres parcourus par plus de 200 000 itinérants, ayant généré un impact direct de 103,6 millions d’euros, soit 80 000 euros par km. L’aménagement du parcours avait coût 150 millions d’euros, il s’agit donc d’un ROI direct et rapide, qui profite à tous les territoires traversés par l’itinéraire. Une véritable réussite expérientielle et économique pour dynamiser les territoires sur Vélodyssée comme sur les autres parcours, qui enregistrent une hausse de fréquentation d’environ 20% sur les 5 dernières années.

L’attractivité cyclotouristique des territoires

Le tourisme à vélo est un tourisme de proximité, puisque 50% des cyclotouristes ont leur résidence principale à moins de 200 km et seulement 5% des cyclistes ont parcouru plus de 1000 km pour venir sur le point d’enquête de l’étude. Une donnée importante pour inscrire la politique touristique du territoire dans une approche durable.

Dans de grandes villes européennes, le vélo est à la fois un mode de déplacement et de découverte de la cité, comme par exemple à Amsterdam, Copenhague, Barcelone ou encore Londres… En France, cela concerne principalement la ville de Paris (27%, principalement de jeunes touristes) qui souhaite déployer une stratégie plus puissante pour rendre l’offre cyclotouristique plus attractive.

La location de vélos et les entreprises de location

12% des touristes à vélo louent leur vélo, une part qui varie selon les territoires (plus importante sur la côte Atlantique) et selon le type de pratique (principalement les cyclistes loisir). Les cyclistes ayant une pratique quasi-quotidienne du vélo louent très rarement et on observe l’effet inverse sur les cyclistes occasionnels, qui vont également privilégier davantage le vélo à assistance électrique. Le VAE est également loué plus massivement dans les pays du vélo tels que les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne par rapport au reste des pays européens.

En ce qui concerne les loueurs de vélos, on observe une grande hétérogénéité dans la taille des structures, des business models, des flottes et des types de flottes. On estime à 6 000 le nombre d’acteurs privés de la location de vélos, 1300 vélocistes et loueurs spécialisés. On compte environ 400 grands acteurs ayant un parc de plus de 750 vélos, la majorité des loueurs disposant de petites et moyennes flottes (56% acteurs auraient moins de 10 vélos, 30% entre 10 et 20 vélos). C’est un marché qui continue de se diversifier en variant les typologies de vélos (VAE, VTT, VTT à assistance électrique, vélo Cargo…), de gammes et de durées. On observe notamment l’essor de la location en montagne, qui redonne une vie touristique aux zones montagneuses l’hiver, avec une double activité des magasins de ski qui viennent également se spécialiser dans la location de VTT. Le marché des location de vélos touristiques est estimé à 178 millions d’euros par an.

Cette étude a été publiée en avril 2020 et on peut supposer que cette année, suite à la crise sanitaire, les chiffres seront différents sur le secteur du tourisme en général. Cela étant dit, le tourisme à vélo a fait ses preuves dans tous les domaines et reste à fort potentiel sur le cyclotourisme urbain et en montagne. Le tourisme à vélo en France continue de se développer sur un modèle économique performant, local et durable. Des efforts d’investissements restent à poursuivre pour développer l’offre, la rendre également plus innovante en aspirant à proposer de réelles expériences cyclotouristiques, comme le fait l’office de tourisme de la Roche sur Yon qui propose des balades à vélos connectées via notre solution Velco Tour. Des dispositifs à forte valeur ajoutée autour de la connectivité pour se différencier, générer plus de marge pour les acteurs du tourisme et une meilleure expérience pour les touristes.